En Autriche, une plateforme d’appel et des ambulances pour réaliser tout de suite des tests à domicile


Sous le titre Les « brigades » anti-coronavirus de l’Autriche se veulent un exemple pour l’Europe, le correspondant du Monde en Autriche decrit le dispositif qui a  permis à l’Autriche  d’afficher de si bons résultats dans la lutte contre le coronavirus.

 

Ce dispositif  s’appuie sur une plateforme d’appels, un peu comme ce qui est prévu en France, avec les brigades de la CNAM, rebaptisées « anges gardiens ».  

 

A la différence du dispositif français, le dispositif autrichien organise deux circuits, deux maillons.

 

1. Le premier, comme ce qui est prévu en France, concerne les personnes testées positives.

Dès qu’une personne est testée positive, les «enquêteurs » l’appellent  pour retracer toutes ses activités jusqu’à quarante-huit heures avant l’apparition des premiers symptômes, seuil à partir duquel les malades sont contagieux. Ces personnes  sont classées en deux categories :  celles qui ont été en contact renforcé (moins de deux mètres pendant plus de quinze minutes) : elles sont appelées à leur tour et sont invitées a s’isoler 14 jours.  

Les autres (les « contacts allégés »)  sont appelées et invités à surveiller leur état de santé et appeler en cas d’apparition du moindre symptôme.

 

2. Le second maillon, tout aussi essentiel,  est un autre numéro d’appel, qui permet de s’informer sur le coronavirus et se signaler en cas de doutes sur sa santé.  En fonction des réponses, un professionnel de santé peut  signaler la personne comme cas suspect ». Dans ce cas, les autorités sanitaires et la Croix-Rouge sont immédiatement informées et peuvent dépêcher une ambulance qui se déplace au domicile pour tester  les personnes. Sur place.

 

« Il nous est arrivé de nous présenter au domicile d’une personne dix minutes après qu’elle a appelé le 14 50 »  explique un « testeur ». Au début de l’épidémie, en mars, le système a certes eu du mal à suivre, avec plus de 20 000 appels par jour. Le nombre d’appels quotidien est descendu le 6 mai autour de 800. Parmi ces 800 appels,  120 cas suspects ont donné lieu à des tests : seule une poignée d’entre eux étaient positifs.

 

L’Autriche a aussi lancé une application de tracing dès fin mars, mais elle n’a été téléchargée qu’à peine plus de 500 000 fois, pour 8,8 millions d’habitants. « Elle ne nous sert à rien », assure un médecin, qui estime que ses équipes font tout aussi bien avec des moyens humains.

 

« Ce système nécessite des besoins humains importants » confie un responsable du ministère autrichien de la Santé au Monde.  « Mais la France a largement les capacités de le faire », estime-t-il, en insistant sur la nécessité absolue de tester à domicile « pour éviter que le coronavirus devienne une infection nosocomiale », ce qui n’est pas pour l’instant prévu pour les « brigades » du coronavirus françaises.

 

Les « brigades » anti-coronavirus de l’Autriche se veulent un exemple pour l’Europe


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