France: vers une « surveillance sur échantillon pour connaitre le niveau de circulation du virus ».

D'après Le Monde, le ministère de la Santé réfléchirait à une approche "moins exhaustive" de la politique de tests. Bruno Lina évoque, à moyen terme, une surveillance sur échantillon, qui servirait donc plus à connaître le niveau de circulation du virus qu'à isoler les positifs.

 Une « surveillance sur échantillon pour connaitre le niveau de circulation du virus ». 

Bonne idée. Il serait peut être temps de s’y mettre. 

Les britanniques le font depuis avril 2020. Ils ont mis en place deux outils de suivi de l’épidémie, tous deux basés sur des échantillons de la population : le covid19 Infection Survey et les enquêtes React, pilotées par l’Imperial College. 

 Le Covid19 Infection Survey a été mis en place dès avril 2020 par l’Insee britanniques (ONS) et l’Université d’Oxford. 

L’Office statistique (ONS) avait constitué dans un premier temps un panel représentatif de de 20 000 foyers à qui il était demandé de repondre périodiquement a un questionnaire et de réaliser des prélèvements sanguins et par écouvillon. Un chargé d’enquête se rend périodiquement dans le foyer pour administrer le questionnaire, remettre les kits tests (sang et nez-gorge), puis les récupérer (pour analyse dans un labo) une fois les prélèvements (sang et nez-gorge) effectués.

 Le covid19 Infection Survey est passé de 28 000 tests par quinzaine à 150 000 en octobre 2020.

Selon l’ONS, en mars 2021, l'enquête avait collecté depuis avril 2020, plus de 3,5 millions d'échantillons d'écouvillons provenant de plus de 200 000 ménages britanniques différents. 

Ce dispositif d’enquête a été étendu en 2021 à la surveillance de la vaccination.

C’est sur la base de dispositif d’enquête que l’ONS publie un bulletin hebdomadaire et des données détaillées (et localisées) sur la propagation de l'infection et sur les résultats de campagne vaccinale.

L’autre outil est Programme React de l’Imperial College, appuyé par l’institut de sondage Mori.Chaque mois, depuis mai 2020, 120 000 anglais choisis au hasard reçoivent un test (ecouvillon) à passer à la maison. 

Ce sondage mensuel permet aux épidémiologistes de suivre la propagation de l’infection et sa prévalence. La dernière vague de React (basée sur les tests de 97000 personnes), par exemple, a permis a l’Imperial College de mettre en relief l’augmentation brutale des infections et la propagation rapide d’ Omicron. 

Les 16 vagues de collecte ont permis de recueillir et d’analyser 2,2 millions de tests. 

La gestion britannique de la crise sanitaire peut aussi s’appuyer sur l’application Covid Symptom Study, avec ses quatre millions d’inscrits, qui peuvent signaler régulièrement leur état de santé et leurs symptômes, s'ils ont été testés positifs ou non, les effets eventuels des vaccins ….

C’est probablement à ce type de choses que pensait le Conseil Scientifique quand il appelait, le 20 octobre 2020, au lancement de « programmes de science participative pour mieux comprendre les modalités de transmission .». 

 En France, les enquêtes Epicov ou Sapris sont peu fréquentes et leurs résultats publiés au bout de plusieurs mois.

 On a peut-être sous-estimé, en France, l’intérêt d’enquêtes régulières auprès d’un échantillon de la population … Comme celui d’associer et de faire participer le public à la production de connaissances épidémiologiques.  

 

 

 



Posts les plus consultés de ce blog

« Nous avons fait une erreur avec les masques. Nous risquons de la rééditer pour les tests »

La gestion de la crise sanitaire vécue au Japon comme « une défaite numérique »