Covisan: un dispositif qui va au devant des foyers de transmission potentiels

Pour endiguer l’épidémie de coronavirus, le projet "Covisan" a été lancé  à la mi-avril  afin de suivre individuellement les personnes malades mais aussi de dépister systématiquement leur entourage.

 

Lorsqu'un malade est détecté, soit parce qu’il est arrivé aux urgences ou alors chez son médecin traitant, et que ce n'est pas un cas grave, il est orienté vers cette structure "Covisan". Une équipe se déplacera, alors, à son domicile pour l’analyser et pour prélever l’ensemble de son entourage.

 

Covisan  a été déployé dans 4 établissements de l’AP-HP : l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, l'hôpital Avicenne, l'hôpital Bichat-Claude Bernard et l’hôpital Louis-Mourier.

 

La ville de Paris, le département de Seine Saint Denis, l’URPS (Union régionale des professionnels de santé) Ile-de-France, les CPTS (Communauté professionnelles territoriales de santé) des territoires pilotes, la Croix-Rouge, Accor et l'ARS (Agence régionale de santé) Ile-de-France ont été les premiers acteurs avec lesquels l’AP-HP a conçu ces programmes pilotes.

 

Des petites équipes d’intervention sont constituées avec ces partenaires afin de se déplacer au domicile des personnes potentiellement contaminées pour intervenir sur leur lieu de vie, proposer des solutions et faire des recommandations.  


"Pour les patients pour lesquels un confinement efficace et protecteur au domicile est possible, des équipes d’intervention au domicile activées à l’initiative du patient dans COVISAN fournissent, via un « kit patient », du matériel de protection individuelle (masque, gel hydro-alcoolique) ainsi que toutes les informations requises sur les gestes barrières.

Des services complémentaires peuvent être proposés aux patients inclus : hébergement hors du domicile, solution de portage de repas.

Pour celles qui ne peuvent s’isoler de manière efficace dans leur logement et protéger leur entourage d’une contamination, il est proposé un isolement hors du domicile habituel, en hôtel ou en centre d’hébergement, sur la base du volontariat.

La démarche COVISAN permet enfin d’identifier des foyers épidémiques ou des situations présentant un risque de propagation de l’épidémie et d’initier des actions de maîtrise de l’épidémie à plus grande échelle".

 

Epidémiologiste de terrain et chef du service de parasitologie de l’hôpital de La Pitié-Salpêtrière, le professeur Renaud Piarroux est le promoteur de Covisan.


Il annonçait le 2 mai avoir déjà formé plus de 500 personnes. « Une trentaine nous a rejoints à l’hôpital de la Pitié ; d’autres ont été dispatchés sur une dizaine d’autres sites hospitaliers de l’AP-HP. Je souhaite que le dispositif s’étende au plus vite. Ce travail se développe aussi en ville à Aubervilliers, Pantin et Bondy, ainsi que dans plusieurs arrondissements de Paris avec l’implication forte des médecins généralistes et des services municipaux. Les patients inscrits sur le site de télésuivi Covidom seront aussi contactés. Nous espérons disposer d’un maillage assez serré d’ici au milieu de la semaine prochaine, afin de rater de moins en moins de patients atteints du Covid-19 ».

 

 

Déconfinement : COVISAN, dispositif de dépistage des personnes COVID +


La description de COVISAN (pdf)

 

Renaud Piarroux  : « Il faudra suffisamment d’équipes mobiles opérationnelles » pour empêcher un rebond de l’épidémie


Renaud Piarroux : l'expérience des épidémies et de leur gestion sur le terrain s’est perdue en France,


 

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