Angela Merkel devant le Bundestag reconnait l'échec de la transformation numérique du système de santé allemand

L’Allemagne se débat depuis des mois avec un empilement de logiciels et de systèmes d’information : SufvNet, Demis, Sormas, Climedo… Des systèmes obsolètes et d’autres plus récents, mais partiellement inachevés, a l’origine de problèmes aigus d’interfaçage entre outils de gestion locaux, outils de reporting et systèmes d’information fédéraux. 

Tout cela sur fond de décentralisation. Avec 375 centres de santé (Gesundheitämter), cellules de base de la gestion de la crise (c’est là qu’on teste, trace et isole), plus ou moins coordonnés au niveau des communes (Gemeinde), des districts (Regierungsbezirke),  des arrondissements (LandKreise) et des Länder. 


375 centres de santé tenus d’alimenter les systèmes d’information épidémiologiques fédéraux, SurvNet et Demis, mis en place par le RKI, l’institut Robert Koch. C’est le RKI qui élabore les indicateurs fédéraux, comme le fameux taux d’incidence, l’une des principales boussoles pour la gestion de la crise. 


Tout cela fait dire à pas mal d’observateurs que l’Allemagne a raté la transformation numérique de son système de santé.


Cette situation exaspère la Chancelière Merkel depuis l’automne. 


Elle n’hésite pas, lors des fameux sommets Corona, l’instance de concertation entre le gouvernement fédéral et les Lander, à interpeler les centres de santé et les Länder, les pressant  d’adopter tous le même outil de gestion pour la recherche et le suivi des contacts : Sormas: un logiciel open-source, développé en Allemagne en 2014 pour aider le Nigeria à faire face à l’épidémie Ebola.

  • « Les mois de la pandémie ont révélé de graves défaillances collectives,  qu'il s'agisse de la numérisation (du système de santé) au niveau fédéral ou de la mise en réseau numérique des services locaux de santé …
  • Le mot-clé ici est Sormas. En tant que système fédéral, nous devons aller mieux et plus vite ici.  Nous le savons et nous y travaillons.  Il ne sert à rien de critiquer toute la journée.Le gouvernement fédéral agit. Avec beaucoup d'efforts, nous sommes maintenant parvenus à ce que la plupart des Länder rejoignent le système Sormas. Bien trop tard. 
  • Nous avons l'application CoronaWarn (Ndr: l'équivalent allemand de TousAntiCovid), à propos de laquelle pas un seul mot positif n’a été prononcé  ici en Allemagne. Je veux juste rappeler que 17 pays européens travaillent avec une application d'avertissement du même type. La version allemande n'est spécialement pas connue là-bas comme particulièrement inflexible. En Finlande, presque tous les citoyens l’utilisent…  
  • Je renouvelle mon appel aux citoyens: utilisez CoronaWarn ! »

Extraits de la déclaration gouvernementale de la Chanceliere Angela Merkel devant le Bundestag allemand le 25 mars 2021 à Berlin


Sormas est un logiciel de gestion destiné aux centres de santé pour leur permettre de dresser une liste des personnes infectées et de leur contacts, de partager ces données avec d’autres centres de santé, d’accompagner dans la durée les personnes infectées, notamment pendant la période d’isolement, de prévenir les personnes-contacts, tout en assurant la transmission par voie numérique des données tant vers vers les autorités de santé régionales que vers le Robert Koch Institut (RKI), qui centralise les données sur l’épidémie au niveau fédéral.


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